Voici l'article que vous pouvez voir sur le site de TF1
"Ingrid Betancourt est libre. Après un peu plus de six ans de captivité, la Franco-Colombienne a été libérée mercredi. L'information a été annoncée en début de soirée par le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.
Un peu plus tard, l'Elysée a confirmé la nouvelle. "Le président de la République vient de s'entretenir longuement avec (le président colombien) Alvaro Uribe", a déclaré la présidence française, ajoutant qu'Ingrid Betancourt était déjà "sur une base militaire en Colombie". Plus tard dans la soirée, l'ex-otage est arrivée, en compagnie de ses camarades d'infortune, à l'aéroport militaire de Bogota, où l'attendait sa mère et où Ingrid Betancourt s'est s'exprimée longuement.
"Dieu nous a fait ce miracle"
L'ex-otage s'est dite "très émue", remerciant "Dieu" et "tous ceux qui m'ont accompagné dans leurs prières". "On a sauté, on a crié, on s'est embrassés. On ne pouvait pas le croire, Dieu nous a fait ce miracle", a raconté la Franco-Colombienne faisant un large récit des opérations de libération.
Aux côtés de l'ex-otage : trois otages américains ainsi que onze militaires colombiens, principalement des officiers, qui ont retrouvé la liberté lors de cette opération, menée par l'armée colombienne dans la province de Guaviare, dans le sud-est de la Colombie.
Une ruse efficace
Selon le ministre colombien de la Défense, les otages ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée "au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie, celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d'otages". Les agents secrets de l'armée colombienne auraient convaincu les guérilleros que le nouveau chef des Farc, Alfonso Cano, leur avaient donné l'ordre de réunir puis de transférer en un seul lieu plusieurs des otages dont Ingrid Betancourt.
"Puis un hélicoptère, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a détaillé le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos. "César", le chef des geôliers des Farc, et ses guérilleros ont été immédiatement "neutralisés et les otages sont actuellement libres", a-t-il ajouté.
Olivier Roubi, porte-parole d'un des comités de soutien d'Ingrid Betancourt, interrogé sur LCI, a contesté en début de soirée cette version des faits, assurant que les otages n'ont pas été libérés par l'armée colombienne, mais par la reddition de deux commandants des Farc.
"Cela montre qu'il ne faut jamais abandonner"
A Paris, après l'incrédulité, les proches d'Ingrid Betancourt, les membres des comités de soutien et les politiques se sont ouvertement réjouis de la nouvelle. "C'est une immense joie, une joie indescriptible", a très vite Lorenzo Delloye, le fils de l'ex-otage. "J'attends d'avoir ma mère au téléphone. Je n'arrive pas y croire. Je veux lui dire que je l'aime et qu'elle m'a manqué", a-t-il ajouté.
"C'est l'aboutissement de six années de lutte qui ont marché. C'est un combat qui mérite d'être mené jusqu'au bout. Cela montre qu'il ne faut jamais abandonner", a-t-il ajouté. Sa soeur Mélanie et leur tante Astrid se sont exprimées plus tard, depuis l'Elysée, appelant à la libération des autres otages toujours retenus par les Farc.
Remerciements à Alvaro Uribe
Dans une brève mais intense allocution, Nicolas Sarkozy a dit combien la "la France était heureuse de récupérer Ingrid Betancourt". Le président de la République a également rendu un hommage appuyé à son homologue colombien Alvaro Uribe ainsi qu'aux chefs d'Etat sud-américains ayant concouru à cette issue heureuse, citant notamment Hugo Chavez.
Nicolas Sarkozy a annoncé le départ pour la Colombie, mercredi dans la nuit, d'un avion de la République française avec la famille d'Ingrid Betancourt et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
44 otages de premier plan
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie retenaient 44 otages de premier plan comme monnaie d'échange contre des centaines de militants emprisonnés. Parmi eux, Ingrid Betancourt, candidate du parti Vert à l'élection présidentielle en Colombie, qui avait été capturée le 23 février 2002.
Les trois otages américains travaillaient eux pour le département de la Défense et avaient été capturés en 2003 après la chute de leur avion dans la jungle lors d'une opération de lutte contre les stupéfiants. "
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